Comité Interprofessionnel du Vin de Champagne

05/02/2019
Sandrine LAPIE
Interview – Sandrine LAPIE
Chef de projet Responsable de la cuverie expérimentale du Pôle Technique et Environnement du Comité Champagne.

1. Quel est votre rôle ?

Mon rôle avec l’aide de mon adjoint est la mise en place et la réalisation d’expérimentations sur le champagne. Nous sommes équipé de tout le matériel (du pressurage à l’habillage) adapté aux volumes expérimentaux traités, dans l’objectif d’exécuter ces opérations dans des conditions similaires aux chais (caves) « grandeur nature ». Cela nous permet de maîtriser les procédés et de pouvoir répéter les essais d’une année sur l’autre.

Je suis également chargée du pilotage des activités en cuverie et en cave avec la gestion du stock des échantillons.
Titulaire d’un Diplôme National d’Œnologie, j’ai réalisé auparavant plusieurs vinifications dans le Chablisien avant de prendre ce poste en 2004.

2. Pouvez-vous nous présenter l’activité du CIVC ?

Comité Interprofessionnel du Vin de Champagne (CIVC) ou Comité Champagne est un organisme qui a pour but de préserver la région Champagne et son appellation.

La mission du CIVC s’articule en 3 pôles distincts : la gestion de la filière, la communication et la protection de l’appellation, les recherches grâce à un pôle technique et environnement.
Le premier pôle, la gestion, permet d’administrer la filière via ses acteurs, par exemple en définissant le rendement maximal en vendange.

Le second pôle, la communication, permet de travailler sur la reconnaissance de l’appellation champagne mais aussi d’augmenter sa notoriété, le but principal reste tout de même la protection de l’appellation et de ses acteurs.

Le troisième et dernier pôle est sans nul doute le pôle principal du CIVC, ce pôle de recherche et développement permet d’analyser chaque étape du processus d’élaboration du Champagne de la vigne au verre et de les perfectionner grâce à des recherches menées par les chercheurs de l’équipe.
L’objectif global du CIVC est d’administrer la filière et ses acteurs afin d’effectuer des recherches permettant de protéger et de sauvegarder l’appellation et son terroir.

3. Quels sont les métiers représentés au sein du CIVC ?

Enormément de métiers distincts sont représentés au sein du Comité Champagne, environ 90 dans de nombreux secteurs différents : qu’il soit juriste, économiste, ingénieur, œnologue, vigneron, communicant ou encore informaticien, chaque collaborateur apporte son expertise au service de la filière Champagne.

La coexistence de profils variés est une source de complémentarité, d’équilibre et d’efficacité. Tous différents et uniques, ils ont en commun l’engagement, le sens du service, la réactivité et l’esprit d’équipe qui font la force du Comité Champagne.

4. Quelle est l’importance de l’action du CIVC pour les acteurs de la production de Champagne ?

Le Comité Champagne est le garant des bonnes pratiques dans la production de Champagne, nous veillons au bon respect des processus de récolte, et production de Champagne. De la déclaration de surface au stockage de récolte ce qui permet d’assurer le suivie de la filière.

Le Comité Champagne représente l’Etat dans l’administration de la filière, c’est le CIVC qui délivre les certificats d’origine pour l’exportation, au nom des douanes, mais c’est aussi le CIVC qui assure le suivi de la filière via les différentes déclarations administratives obligatoires.

Toutes ces actions permettent aujourd’hui que l’appellation Champagne soit protégée dans 120 pays, c’est cela qui aide les vignerons et maisons de champagnes à trouver de nouveaux marchés et à contrer les contrefaçons.



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5. Quels sont les critères de qualification d’éclairage vinicole ? Quels sont les éléments les plus importants selon vous ?

Le « goût de lumière » est un défaut sensoriel causé par l’exposition des vins à la lumière naturelle ou artificielle. L’éclairage avec des lampes au sodium avait permis de maîtriser cette photosensibilité au sein de nos caves.
La mutation technologique vers l’éclairage LED nous a conduits à nous interroger sur l’innocuité de cette technologie sur nos vins. Cette dernière était et est encore, présentée comme inoffensive pour les vins du fait de l’absence d’UV.

Face à la multiplicité des offres de LED sur le marché, le Pôle Technique et Environnement du Comité Champagne a réalisé, avec l’aide du bureau d’étude PISEO un protocole qui définit les spécifications requises pour les luminaires ambre équipant les locaux de stockage des bouteilles des établissements vinicoles champenois.

Pour être validé, un luminaire doit respecter les caractéristiques spectrales précisées dans ce document et garantissant l’innocuité du luminaire vis-à-vis des vins champenois.
La procédure de validation des luminaires est la suivante :
  • Le fournisseur transmet son luminaire et ses caractéristiques à un laboratoire d’essai accrédité ISO 17025 pour la norme EN13032-4.
  • Le laboratoire réalise les mesures et accorde ou non un certificat de validité des caractéristiques chromatiques du luminaire par rapport aux spécifications exigées dans le protocole.
  • Le fournisseur transmet cette attestation au Comité Champagne qui inscrit le luminaire sur une liste positive, à disposition des professionnels, sur le site extranet du Comité Champagne.
  • Suite à cette inscription, les fabricants pourront indiquer sur leurs documentations techniques et commerciales : « luminaire répondant aux conditions du protocole de qualification des luminaires ambre du Comité Champagne, pour le stockage des bouteilles ».
(Site internet du Comité Champagne)


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